Courriel d'un auditeur à propos de "l'opinion publique"
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Bonjour Mario,
J'étais à l'écoute tantôt quand tu as fait entendre les questions des journalistes à Raymond Bolduc et Gilles Courteau, et une en particulier m'a fait sourire, mais d'ironie... Cette question, c'était la dernière, je crois : « Dans quelle mesure le battage médiatique des derniers jours a-t-il influencé le verdict? »
La réponse de Raymond Bolduc, quoique prévisible, m'a fait rire. En un mot, il a répondu que ni le nom du joueur, ni le nom de l'équipe, ni l'opinion publique n'ont influencé sa décision. En entendant la réponse, je me suis d'abord dit : « OK, c'est le cliché d'usage, et c'est une façon facile d'éviter la question, même si on sait que c'est presque impossible de faire abstraction de tout ça. »
Mais en fait, ce que je pense réellement de sa réponse, c'est : pourquoi diable faudrait-il faire abstraction de l'opinion publique? D'un point de vue marketing, toute entreprise a intérêt à répondre à une demande massive de sa clientèle, puisque « donner » au client ce qu'il réclame est l'essence même du commerce. Et pour la LHJMQ, qui est le public, sinon son client? Donc, pourquoi la LHJMQ ignorerait-elle l'opinion de ses clients, qui s'exprimaient en très grande majorité pour une suspension minimale pour la saison et les séries?
Bien sûr, la LNH ne se comporte pas en entreprise commerciale « normale », mais ce n'est pas une raison pour l'imiter. Depuis plusieurs années, le public de la LNH réclame du jeu plus ouvert, plus d'offensive, et pendant plusieurs années, la ligue répondait : « Va falloir que le public s'habitue, parce que les gardiens sont meilleurs, les systèmes défensifs plus efficaces, etc. » Bref, la LNH demandait au client de s'adapter au produit, ce qui est contraire à tous les principes commerciaux. Pendant deux ou trois ans après le lock-out, on a eu du jeu plus ouvert, mais cette année, c'est revenu à ce que c'était avant, avec des livers de règlements différents selon la période, selon le nombre de punitions données à chaque équipe, etc. Pas étonnant que la LNH ait autant de difficulté à rivaliser avec les autres sports majeurs en termes de popularité.
Quand la NBA a eu le signal comme de quoi il manquait d'attaque, de spectaculaire, elle a défendu la défensive de zone. Le résultat : en « man-to-man », les Kobe Bryant de ce monde finissent toujours par se démarquer, et ils comptent beaucoup de points. Dans la NFL, ils sont conscients que la passe fait vendre le produit, donc ils sont intraitables sur la rudesse sur les quarts, et ils sont très sévères sur l'obstruction des couvreurs (d'ailleurs, on en a eu un bon exemple en supplémentaire du match Vikings-Saints hier soir, quand ils ont appelé une punition d'obstruction qui a amené les Saints dans la « red zone », une décision que nos zébrés de la LNH n'auraient jamais pris en pareil contexte). Autrement dit, ces ligues sont à l'écoute du client, d'où leur popularité beaucoup plus grande que celle de la LNH.
Cette longue parenthèse m'amène à ceci : la LHJMQ ne doit pas suivre l'exemple de la LNH en matière de sanctions, pour deux raisons : un, la LNH ne sanctionne pas, et deux, la LHJMQ doit JUSTEMENT tenir compte de l'opinion publique, comme toute entreprise dépendante d'un client doit le faire.
Simon Boutet
L'Ancienne-Lorette
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Bonjour Mario,
J'étais à l'écoute tantôt quand tu as fait entendre les questions des journalistes à Raymond Bolduc et Gilles Courteau, et une en particulier m'a fait sourire, mais d'ironie... Cette question, c'était...